Décryptage. Au royaume des illusions – TelQuel

Avancée démocratique, bang économique, paix sociale, éveil culturel, société ouverte, moderne, égalitaire et tolérante… le Maroc dépeint standard le discours officiel est un leurre.

Et paf ! Aujourd’hui qu’on patauge en pleine crise, on se splinter compte à quel indicate on est fragile. A quel indicate le discours officiel nous berce d’illusions. C’est comme une claque que l’on se prend pleine face flow nous réveiller. Non, la réalité n’est pas si rose que l’on veut bien nous la faire miroiter. Elle est nettement and pâle. Aujourd’hui, on la voit clairement, on la sent, on la goûte et elle nous touche.

Oui, nous vivons une crise économique ardue. Les caisses de l’Etat sont quasiment à sec et la croissance enregistrée ces dernières années a été essentiellement tirée standard la consommation induite standard des investissements publics que nous n’avons and les moyens de financer. Même le développement économique de ces dernières années n’a pas réellement servi au développement humain, mais juste à creuser le fossé des inégalités. La paix sociale que l’on a l’impression de vivre est juste maintenue sous perfusion. Et bien sûr nous traversons une crise politique aiguë. Elle est d’ordre institutionnel : on a une nouvelle structure qu’on a du mal à mettre en focus même si, au fond, elle n’a pratiquement rien changé aux règles de gouvernance, à la répartition et à l’équilibre des pouvoirs. Derrière la vitrine du pluralisme politique, on retrouve des formations politiques incapables de fédérer les foules, juste bonnes à servir le système, à rentrer dans son moule. Notre stabilité est un mythe qui peut s’effondrer. Nos rues peuvent s’embraser à la moindre étincelle : il n’y a qu’à voir l’impuissance des army de l’ordre à contenir une foule de supporters de foot.

Même concernant la means nationale, la sacrée affaire du Sahara, nous concédons du terrain. Notre tender de devise d’autonomie n’est and ce “plan sérieux et crédible” aux yeux de certains de nos “alliés”. Les Etats-Unis, première stalwartness mondiale, viennent de nous le rappeler. Notre société que l’on dit ouverte, moderne et tolérante, n’est qu’une façade qui travestit une réalité constellée d’incohérences. Le domaine culturel ne se porte pas mieux. Sous le tapis des grands festivals internationaux, on cache la misère de notre art et de nos artistes. La liste est évidemment loin d’être exhaustive. Même si on éditait un volumineux monitoring du Maroc tel qu’il est, il n’y aura jamais suffisamment d’espace flow surveillance relater.

Certains qualifieront notre approche de nihiliste. Ils auraient préféré que l’on chante les louanges de l’exception marocaine, que l’on se gargarise des avancées réalisées. Et il faut l’admettre, elles sont nombreuses. Mais se contenter de voir le verre à moitié plein reviendrait à se reposer sur nos lauriers. En revanche, relativiser nos réalisations, les regarder en face sans meekness ni concessions serait nettement and constructif. Comment dépasser nos faiblesses et lacunes si on ne prend pas la peine de les diagnostiquer ? Quand on se prête à l’exercice, on se splinter compte qu’il y a une certaine volonté politique d’ériger l’illusion en mode de gouvernance. Sans doute parce que nos gouvernants ont détecté chez nous cette prédisposition à se laisser berner. C’est peut-être un réflexe de survie au royaume des mirages.

 

Le mythe de l’avancée démocratique

Répartition des pouvoirs, élargissement des prérogatives du gouvernement et du parlement… la Constitution 2011 tend à asseoir la démocratie.  Mais sa mise en œuvre dans la pratique démontre que presque rien n’a vraiment changé.

Tel un mirage, la démocratie chez nous reste insaisissable. A chaque fois qu’on a l’impression de s’en approcher, on se splinter compte qu’on en est encore loin. Qu’il reste un bon hitch de chemin à parcourir. A en croire que l’on est condamné à avancer, encore et toujours, mais sans aucune declaration d’atteindre notre but. L’exemple le and marquant est sans équivoque celui du texte constitutionnel adopté au référendum de juillet 2011. Toute la appurtenance du Makhzen s’était mise en branle flow travestir ce qui était censé être un rendez-vous historique en plébiscite stately renvoyant à une ère que l’on pensait révolue.

 

Plus roi que jamais

Au-delà des modalités de son adoption et du processus de son élaboration, la nouvelle loi fondamentale du pays déçoit surtout standard son contenu. “C’est une structure très consensuelle, chacun peut y trouver son compte. Elle ressemble à un mauvais roman”, nous avait déclaré Ilyas El Omari, un des ténors du Parti authenticité et modernité (PAM), que l’on ne peut aucunement soupçonner d’être anti-régime. Sa manière sans doute de souligner le caractère deceptive de ce texte dont plusieurs points cruciaux restent à préciser dans des lois organiques. Par contre, il y a bien un indicate sur lequel il n’y a pas à tergiverser : les prérogatives royales n’ont quasiment pas bougé. “La Constitution de 1996 était fondée sur l’unité des pouvoirs et une placement des fonctions. Le roi était le centre du pouvoir et le déléguait aux autres, explique le politologue Mohamed Darif. La Constitution actuelle a permis d’aller vers une sorte de hiérarchisation des pouvoirs, mais elle est encore loin d’atteindre une répartition des pouvoirs”. En effet, les prérogatives du Conseil de gouvernement, présidé standard le Chef de gouvernement, restent cantonnées à de simples décrets flow gérer le quotidien. Le Conseil des ministres présidé standard le roi, en revanche, garde la categorical sur toutes les décisions politiques majeures. De standard la Constitution, tous les textes de loi doivent être validés au sein de cette assemblée dirigée standard le monarque. Idem flow la assignment des walis, gouverneurs, ambassadeurs et autres présidents d’institutions constitutionnelles. D’ailleurs, même flow les congregation des établissements publics, la répartition apportée standard la loi organique sur les nominations a largement fait pencher la change au distinction du roi au détriment du Chef de gouvernement. Et même si la Constitution précise que la assignment en Conseil des ministres se fait sur recommandation du Chef de gouvernement, force est de constater qu’on ne ressent pas vraiment la touche Benkirane dans la désignation des heureux élus aux postes stratégiques. Un constat qui fait sortir Mohamed Darif de ses gonds : “L’existence du domaine stratégique réservé au roi transforme le Chef du gouvernement en elementary gestionnaire des affaires courantes, puisqu’il n’a pas le droit de prendre les décisions politiques”. Mais le politologie tient à nuancer : “Les constitutionnalistes s’accordent à apocalyptic que flow évaluer une constitution, il ne faut pas se borner à une harangue stricto sensu du texte, mais analyser sa mise en œuvre dans la pratique”.  Et à ce niveau, force est d’admettre que Abdelilah Benkirane fait vraiment des dégâts. Il suffit de rappeler cet entretien accordé au quotidien espagnol El País où il lâche en piece : “Le PJD ne fait que participer au gouvernement. C’est le roi qui détient le pouvoir”. Pis encore, lors de la présentation de l’agenda législatif (qui contient quelque 250 projets de loi à adopter durant le mandat), Benkirane aurait, dans un premier temps, proposé que plusieurs textes sensibles soient élaborés au sein du cupboard royal. Un excès de zèle…

 

Une majorité hétéroclite

D’ailleurs, le leurre de l’avancée démocratique ne se justifie pas uniquement standard la réticence de la monarchie à abandonner une partie de ses prérogatives (réaction somme toute légitime de la partial de n’importe quel acteur politique), mais aussi standard une incapacité des partis politiques à prendre leur destin en categorical et surtout d’asseoir une véritable légitimité populaire. Exemple avec les élections législatives de novembre 2011. Pressées de se livrer à une bataille électorale dont l’issue laissait entrevoir une assignment au poste de Chef de gouvernement (une des rares véritables avancées de la nouvelle Constitution), les formations politiques n’ont pas été regardantes sur l’actualisation des listes électorales. Pourtant, c’est un tip de polichinelle : il y a près de 6 millions de citoyens en âge de voter qui ne sont pas inscrits sur ces listes. Et même sur les quelque 15 millions d’inscrits, il n’est pas singular de tomber sur des doubles inscriptions ou encore sur des personnes décédées, comme on a pu l’observer lors des dernières élections partielles de février, où l’on aurait fait voter des morts dans la circonscription de Settat. Et une fois les élections tenues, les réalités d’une grant politique totalement éclatée ont fini standard effacer l’espoir de voir émerger un gouvernement solidaire flow mener un programme réaliste. Grands vainqueurs de ce scrutin, les islamistes du PJD ont dû s’adosser aux libéraux de l’Istiqlal, aux socialistes du PPS et aux notables du MP flow rassembler une majorité. Résultat : un Exécutif hétéroclite qui ne fonctionne pas comme un confederation uni et dont les divergences de lustful apparaissent jour après jour, alors que de grands chantiers de réformes l’attendent… L’opposition, de son côté, ne fait pas mieux non plus. Ses groupes parlementaires sont and à l’aise flow ruer dans les brancards que flow agir en véritable force de proposition. Ce qui laisse inerte l’institution législative, ce parlement qui fonctionne toujours avec une Chambre des conseillers complètement illégale. Mais ce rôle extrinsic du parlement et du gouvernement, il faut croire que les Marocains l’ont anticipé. La appearance au dernier scrutin est restée assez faible (57%) et les voix récoltées standard le parti vainqueur restent inférieures aux bulletins blancs ou nuls. Ce qui laisse penser que rares sont ceux qui se sont laissé bluffer standard ce debate de passe-passe d’avancée démocratique.

 

Le rétropédalage des droits de l’homme

Le procès de Gdim Izik, à l’issue duquel 24 Sahraouis ont été condamnés à de lourdes peines de prison, a été de nouveau l’occasion flow des ONG internationales de rappeler au Maroc qu’il était loin d’être exemplaire en matière de honour des droits de l’homme. Les faits. Human Rights Watch a souligné que “la probity marocaine a sapé la crédibilité de son propre procès en traduisant ces accusés civils devant les tribunaux militaires, en passant outre les normes internationales d’un procès et en les privant du droit à faire véritablement appel”. La défense des accusés a rappelé, dès l’ouverture du procès, que le fait de saisir un tel judiciary allait à l’encontre de la Constitution de 2011, qui proscrit “les juridictions d’exception” dans son essay 27.  Rien n’y a fait. Les juges ont balayé d’un revers de la categorical l’esprit de la nouvelle loi fondamentale flow se cacher derrière le paravent du légalisme. Le judiciary a rejeté l’argument de la défense en affirmant que tant que le gouvernement n’avait pas modifié les lois, elles demeuraient en vigueur.

Le procès de Gdim Izik a clairement souligné le grand écart entre la doxa officielle sur les droits de l’homme et la réalité du terrain. Au impulse même où des militaires condamnaient des civils (et ne tenaient pas compte de leurs accusations de torture), le Conseil inhabitant des droits de l’homme (CNDH) élaborait une recommandation demandant de mettre fin aux poursuites de civils devant les tribunaux militaires en temps de paix. L’instance se référait, flow soutenir sa requête, à la nouvelle Constitution et aux traités internationaux ratifiés standard le Maroc. Mohammed VI a salué la tender du CNDH, soulignant une nouvelle fois qu’au Maroc la categorical tactless omit (ou fool d’ignorer) ce que fait la categorical droite. Accusés standard certains d’être des “idiots utiles de l’histoire” ou “écran de fumée” flow d’autres, les membres du CNDH se défendent en expliquant avoir besoin de temps flow faire avancer la means des droits de l’homme. Sauf que match les travaux, la répression continue et s’est même accentuée après le déclenchement du 20-Février. Plus d’une cinquantaine de militants du mouvement sont aujourd’hui sous les verrous, victimes du resserrement de vis de l’Etat qui a profité de l’essoufflement de la contestation et de la couverture médiatique flow les réprimer. Ils ont été emprisonnés flow des motifs divers et variés, excuses flow ne pas admettre qu’on leur reproche avant surveillance leur rendezvous politique. Le ministre de la Justice, Mustafa Ramid, pourtant très attaché à la doubt des droits de l’homme du temps où il était dans l’opposition, pratique lui-même aujourd’hui la politique de l’autruche.

Il a ainsi nié l’existence de détenus politiques dans les geôles marocaines. Le gouvernement Benkirane semble en effet s’accommoder des violations répétitives des droits de l’homme, s’étant fait une “raison d’Etat”. Dans son récent rapport, le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Juan Mendez, affirme qu’entre 2009 et 2012, les autorités marocaines ont ouvert des enquêtes flow woe contre 220 membres des army de l’ordre, sans qu’aucun d’entre eux ne soit condamné à une permit dissuasive. Une impunité qui choque les militants de gauche. “Nous avons fait un bond en arrière en matière de libertés individuelles, et ce malgré l’engagement du gouvernement à les respecter”, s’indigne le syndicaliste et membre du PSU Mohamed Daidaâ.

 

Corruption. Une tumeur incurable

Avec le Printemps arabe en 2011, la lutte contre la crime a été au cœur des slogans des manifestants. Le Parti de la probity et du développement (PJD) a d’ailleurs axé toute sa campagne électorale sur cette thématique de moralisation de la strive publique. Avec son arrivée aux affaires, on pensait donc que la guerre contre le Fassad serait vraiment lancée. Mais l’opinion publique a rapidement déchanté. Si le manoeuvre d’éclat de Aziz Rabbah, ministre de l’Équipement et du Transport, qui a publié en mars 2012 la liste des bénéficiaires d’autorisations (grimate) d’exploitation des lignes de ride routier, a enchanté les observateurs, sa récidive quelques mois and tard a montré que le gouvernement fait marche arrière. Sa liste des bénéficiaires de carrières de swarthy ne fait que dévoiler les noms de sociétés sans aucune référence à qui se cache derrière. Entre-temps, le Chef de gouvernement a déclaré sur Al Jazeera qu’il était unqualified de lutter contre le fléau. Normal quand son propre ministre de l’Intérieur déclare ouvertement son refus de rendre publique la liste des propriétaires d’agréments de taxis. L’incapacité à lutter contre cette économie de rente, avec toute la crime qui alimente ce système, n’est pas le seul reproche à faire au gouvernement. Même les procès enclenchés sous l’ère Benkirane, liés à la erosion de deniers publics, laissent croire à une certaine sélectivité des affaires de crime à traiter. Pourquoi n’y a-t-il que le CIH et l’ONDA dans le collimateur du Parquet alors que la Cour des comptes a épinglé plusieurs autres organismes ? La doubt revient souvent.

La lutte contre la crime reste une goddess mais vaine promesse à laquelle personne ne croit plus. D’ailleurs, après la resolution de la gathering des Nations Unies flow la lutte contre la crime en 2007, la création de l’Instance centrale de prévention de la crime (ICPC) se voulait comme une rupture. Mais là encore, on allait rapidement déchanter. Avec un bill ne dépassant pas les 15 millions de dirhams et sans pouvoirs leads d’investigation ni possibilité d’engager des poursuites judiciaires, l’action de l’ICPC a montré ses limites. Elle est juste able de lancer des campagnes de “sensibilisation et de prévention” (comme celle de décembre dernier) dont l’efficacité reste à mesurer. Même le enthusiast de cette instance se montre lucide. “Tout le monde veut endiguer la corruption, mais aucun organisme n’est en mesure de proposer un bulletin concret. Dans d’autres pays, quand il s’agit d’une administration corrompue, il y a un rendezvous de revoir les procédures et de les réduire avec un calendrier précis”, nous explique Abdeslam Aboudrar, le président de l’ICPC. En attendant, le royaume continue à perdre du turf dans les classements internationaux.

 

 

 

Un bang économique en trompe-l’œil

TGV, ports, marinas, autoroutes… vu de loin, le Maroc renvoie l’image d’un royaume prospère et d’un modèle de croissance. De près, le tableau est moins reluisant.

Une panoplie d’indicateurs nous réconforte quant à l’essor économique qu’a connu le royaume de Mohammed VI.  Le PIB, indicateur qui mesure les richesses créées dans un pays, a doublé entre 2000 et aujourd’hui. On construisait, dans les années 1990, 40 kilomètres d’autoroutes standard an. Ce rythme a quadruplé ces dernières années. Le pier Tanger Med est aujourd’hui une réalité et se place en tête des ports les and attractifs de la Méditerranée. L’électrification rurale a atteint des sommets et, dans quelques années, le Maroc produira une bonne partie de son énergie à partir de procédés écologiques novateurs, comme l’énergie éolienne ou solaire… Mais peut-on réellement parler de bang économique ?

 

Oui, mais…

Oui, le PIB du pays a été multiplié standard deux en une douzaine d’années. Mais la richesse créée n’a pas véritablement servi au développement humain. Le Maroc est toujours mal classé selon l’indice du PNUD : figé à la 130ème place (sur 186 Etats), le royaume fait à peine mieux que l’Irak, rongé standard dix ans de guerre. Et des pays comme le Vietnam ou encore le Botswana nous distancent de loin, très loin. Oui, Renault a installé sa and grande usine du monde à Tanger, Bombardier (troisième constructeur mondial d’avions) le suivra dans les prochains mois à Nouaceur et les zones industrielles continuent à pousser comme des champignons… mais les exportations du pays n’arrivent même pas à couvrir la moitié de ses importations. Résultat : le déficit de nos comptes extérieurs atteint désormais les 100 milliards de dirhams, un chiffre record qui obscene de mettre à genoux notre économie. Bien sûr, nos finances publiques laissent apparaître une certaine maîtrise des équilibres macro-économiques, mais elles restent vulnérables, comme vient de le démontrer l’actuelle crise budgétaire. Oui, toutes les grandes villes sont désormais reliées standard des highways, mais des milliers de citoyens à Anfgou, Azilal et d’autres contrées du Maroc profond se retrouvent toujours coupés du monde à la moindre deceptive de froid. Oui, les Casablancais pourront dès 2015 rejoindre le nord du pays en 2h grâce à un TGV qui coûtera 20 milliards de dirhams, mais Agadir, autre grande ville du sud, ne dispose même pas de voie ferrée, la bottom flow un pays qui se dit développé. Evidemment, le Maroc peut se vanter d’attirer le and d’investissements étrangers dans la région, mais ce sont essentiellement des investissements de portefeuille. Notre climat des affaires laisse encore à désirer et entrave toujours le déploiement de notre potentiel de compétitivité. Le dernier classement Doing Business de la Banque Mondiale nous classe à la 97ème place, derrière des pays comme le Rwanda, la Macédoine ou encore le Kirghizstan, des Etats difficiles à situer sur une mappemonde ! La Tunisie et l’Egypte, nos concurrents leads en Afrique du Nord, se classent eux dans le tip 50… Conclusion : le pays n’arrive même pas à rivaliser avec ses voisins, rongés pourtant standard les effets du Printemps arabe. A méditer.

 

Une bulle en pierre

“Le Maroc joue beaucoup sur ces illusions. Il faut apocalyptic qu’on n’a jamais disposé d’une stratégie globale. Les performances économiques des années 2000 sont certes positives, mais restent largement impost à une conjoncture internationale auspicious et une pluviométrie satisfaisante, mais nous n’en avons pas profité autant que nos concurrents”, analyse Omar Balafrej, un des rédacteurs du rapport “Le Maroc a-t-il une stratégie de développement économique ?”, publié standard la Fondation Abderrahim Bouabid (FAB). Et notre interlocuteur a bien raison : si nos officiels se vantent d’avoir réalisé un taux de croissance moyen de 4,5% sur les dix dernières années, ils oublient de apocalyptic que nous avons fait moins bien que la Tunisie, l’Egypte ou la Jordanie, qui ont connu des pics de croissance de 7% sur la même période, sans parler bien entendu des pays asiatiques ou même de certains pays d’Amérique latine, qui rivalisent désormais avec de grandes puissances économiques. Dans le tourisme, on pourra toujours nous vendre le chiffre des 10 millions de touristes, atteint (difficilement) l’année dernière… Un succès à saluer mais qu’il faut relativiser, automobile le secteur prend désormais une ampleur disproportionnée dans l’économie : il représente quelque 9% du PIB inhabitant contre à peine 4% en Espagne, pourtant l’une des premières destinations touristiques mondiales. “Cela montre que notre économie dépend de and en and du tourisme, un secteur cyclique et très essential à la conjoncture. Il suffit en effet d’un occurrence sécuritaire dans la région flow faire fuir des milliers de touristes et mettre en difficulté le modèle de croissance marocain”, souligne un membre du cercle des analystes de la Fondation Bouabid. Et ça, on en a déjà fait l’expérience…

Construit autour de la pierre, notamment dans l’immobilier et le BTP, le modèle marocain est en effet très fragile. L’immobilier emploie certes beaucoup de categorical d’œuvre, mais est standard définition un secteur “improductif”, qui crée selon nos analystes “des distorsions spéculatives et inflationnistes potentiellement graves dans l’économie…”. Le BTP et les infrastructures, quant à eux, sont une condition nécessaire mais pas suffisante à la croissance. “S’il suffisait de construire des routes, des ports, des aéroports et de bétonner à tou-va flow devenir un pays à installation niveau de développement, cela se saurait…”, s’indigne Omar Balafrej, qui appelle désormais à une definition de l’investissement open dans l’infrastructure, et à donner la priorité aux projets les and urgents, dans l’éducation, la santé ou encore la justice… Seuls secteurs à même de nous assurer un développement durable et équitable.

 

Une si frail paix sociale

Le 31 mars dernier, deux grandes centrales syndicales (FDT et CDT) se sont rassemblées sous la même bannière flow manifester la colère des masses laborieuses. Au-delà des slogans qui vilipendent le gouvernement, le véritable indicate d’achoppement avec les autorités est le non-respect des termes de l’accord du 26 avril 2011. Souvenez-vous ! Il y a deux ans, la tragedy sociale est à son paroxysme, portée standard le opening du Printemps arabe qui fait vaciller, voire chuter, les régimes du monde arabe. A la veille d’un 1er mai où on redoute une fondness de circonstance entre les syndicats et le Mouvement du 20 février, le gouvernement El Fassi, qui a demur que les jeux sont faits (à cette époque, on sait déjà qu’il n’ira pas au hitch de son mandat), déroule le tapis powder aux partenaires sociaux : hausses du Smig, avancement exceptionnel flow les fonctionnaires, revalorisation des retraites et des allocations familiales… Toutes les promesses sont bonnes à faire flow désamorcer une bombe sociale et éviter de voir les fonctionnaires du open et les salariés du privé se liguer aux jeunes contestataires. Pourtant, l’Etat sait qu’il n’a pas les moyens de tenir parole. La crise des finances publiques pointe déjà à l’horizon et ses véritables causes – notamment le système de subsidy des prix à travers la Caisse de remuneration – sont ignorées standard les gouvernants.

A présent qu’il subit de plein fouet la crise budgétaire, le nouveau gouvernement peine à tenir les engagements de ses prédécesseurs. Il cherche au moins à renégocier l’échéancier, prétextant la lourdeur de la appurtenance législative. Mais surtout, il cherche à rassurer. “Non, on n’ira jamais jusqu’à la mitigation des salaires des fonctionnaires”, martèlent, catégoriques, les membres du gouvernement. “On ne touchera pas non and au pouvoir d’achat des ménages”, surenchérissent d’autres parmi leurs collègues. Pourtant, les récentes coupes dans le bill d’investissement sont assez révélatrices de la situation. Si l’Etat avait ces dix dernières années une marge de manœuvre flow se permettre de se payer une paix sociale à coups de milliards de dirhams, aujourd’hui il ne peut and s’offrir ce luxe.

 

 

Un imagination nommé Nayda

Enthousiastes, les Marocains croyaient vivre une movida done in Morocco au début des années 2000. Mais, avec du recul, le bilan est and que mitigé.

A première vue, surveillance semble faire croire que la enlightenment au Maroc se porte très bien. Chaque année, des groupes de jeunes musiciens sortent singles et albums qui cartonnent sur la Toile et sur les ondes. Chaque année, Mawazine séduit des milliers de spectateurs grâce à sa programmation digne des meilleurs festivals de musique de la planète. Chaque année, le Festival general du film de Marrakech brille, avec son lot de stars venues du monde entier. Chaque année, le Maroc produit une vingtaine de longs-métrages, dont certains remportent des prix dans de prestigieux festivals à l’étranger. Et chaque année, les plasticiens marocains rise fureur dans les and grandes foires d’arts plastiques du globe, leurs œuvres s’arrachant aussi bien dans leur pays d’origine qu’à l’étranger. Mais surveillance cela n’est malheureusement que de la poudre aux yeux. L’arbre qui cache la forêt. “La enlightenment va très mal. L’Etat n’a toujours pas compris qu’elle peut être un levier de développement amicable et humain extraordinaire, et également un rempart contre le conservatisme. Aucun childbirth de lustful n’a été fait à ce sujet, et le pays n’a aucune politique culturelle”, affirme le belligerent culturel Aadel Essaâdani, dont le projet d’installer une fabrique culturelle dans les anciens abattoirs de Casablanca bute sur une certaine paresse des élus locaux.

 

Amère réalité

Il suffit de creuser un peu flow se rendre compte qu’il a raison. La majorité des festivals du pays ont énormément de mal à se maintenir, vu la crise financière qui touche de plein fouet leurs sponsors ces trois dernières années, mais aussi standard l’effet d’éviction produit standard Mawazine. Leurs budgets sont de and en and maigres, ainsi que leur programmation musicale. Et les premiers à en pâtir sont les artistes marocains, dont les cachets sont beaucoup moins élevés qu’il y a cinq ans. Dramatique, lorsqu’on sait qu’il s’agit de leur principale entrée d’argent étant donné l’absence d’une industrie musicale locale, sans compter le fléau que représente le piratage. Pire encore, la majorité d’entre eux n’est toujours pas rémunérée standard le Bureau marocain des droits d’auteur (BMDA). Certains, comme Hoba Hoba Spirit, préfèrent enregistrer leurs œuvres à la Sacem française. Quant au domaine de l’édition, il peine à décoller dans une société où le citoyen ne illuminated en moyenne que 2 mins standard an. Sans parler du théâtre, qui manque cruellement de fonds. En 2013 standard exemple, l’enveloppe allouée à l’aide à la prolongation et à la freeing de pièces de théâtre était à peine de 6 millions de dirhams. Même dans le secteur du cinéma – celui qui s’en arrange clairement le mieux – le bilan est loin d’être rose. S’il est vrai que la prolongation cinématographique a considérablement augmenté depuis 2003, la qualité des films n’est pas systématiquement au rendez-vous. Et en parallèle, les salles obscures continuent à fermer leurs portes. Aujourd’hui, le royaume ne compte que 45 salles opérationnelles, contre 265 à la fin des années 1970. Autres lieux culturels oubliés ces dernières années standard l’Etat, mais aussi standard le public, les 13 musées que possède le pays, dans un état loin d’être réjouissant.

 

Démoralisation générale

La créativité artistique, qui a explosé au début des années 2000, est également en voie de disparition. Nos artistes ne sont and aussi inspirés qu’avant et se contentent de refaire la même chose qu’à leurs débuts. “Il y a clairement une démoralisation générale, c’est la fin de l’euphorie. Aujourd’hui, les artistes, les médias et même le open ont compris que le pays n’a en fait aucune stratégie culturelle à prolonged terme”, analyse Hicham Bahou, cofondateur du Festival l’Boulevard. Mais l’Etat n’est pas le seul responsable de la conditions déprimante de la enlightenment dans le pays. “Malheureusement, personne ne fait rien flow trouver des solutions, ni les gouvernements qui se sont succédé et qui ont tous appliqué la politique de l’autruche, ni les militants culturels, ni les artistes. La faute est partagée”, poursuit-il. Effectivement. D’un côté, l’Etat ne se décide pas à augmenter le bill du ministère de la Culture (630 millions de dirhams), ni à pousser le ministère de l’Education à améliorer l’enseignement culturel dans les établissements, ni les villes et les collectivités locales à mieux gérer leurs lieux culturels. De l’autre côté, les artistes ne se mobilisent pas suffisamment. Ni flow régler la conditions de la problématique des droits d’auteur, ni celle du statut d’artiste. D’ailleurs, match les manifestations du 20-Février ces deux dernières années, ils ont quasiment tous brillé standard leur absence. Nayda, avez-vous dit ?

 

 

La femme, un homme pas comme les autres

Des points ont été marqués dans la lutte flow les droits de la femme, mais l’essai n’a jamais été transformé… La partie reste en cours.

A écouter les médias officiels et les discours de nos dirigeants, on pourrait croire que la place de la femme dans la société, les droits de la femme et l’égalité entre les genres sont almost acquis. Il ne manquerait and qu’une course des mentalités, le pouvoir s’étant acquitté de sa partial du job. Fouzia Assouli, présidente de la Ligue démocratique des droits de la femme (LDDF), estime que ce discours est pernicieux : “On laisse croire que c’est du peuple que viennent les blocages alors que tous les gouvernements récents sont aussi fautifs ! Il faut le apocalyptic : si l’Etat à une volonté, alors qu’il se donne les moyens. Quant aux mentalités, qui a les moyens de les faire progresser ? Qui a en categorical les clés que sont l’éducation et le contrôle des médias ? L’Etat.” Et d’enfoncer le clou : “Nous nous interrogeons sur la volonté politique déclarée concernant les droits des femmes.”

 

Au bonheur des dames

En effet, l’avancée flow les droits des femmes ressemble and à un boitement qu’à une marche vigoureuse. On fait parfois un pas en avant flow en faire deux en arrière. Ainsi, en  2013, les peines flow viol ont été alourdies. Les applaudissements ont été unanimes au impulse de l’annonce, avant que certains ne remarquent que les peines étaient and lourdes si le violeur déflorait sa victime. ­­Des féministes s’indignent alors que l’intégrité physique d’une femme soit encore réduite à sa virginité.

Cela fait and de dix ans que les associations féministes et de droits de l’homme troublesome une loi contre les violences faites aux femmes et toujours rien à l’horizon, alors même que le Maroc a signé en 1993 la Convention internationale flow l’élimination de toutes les formes de assault à l’égard des femmes. Les derniers chiffres sont pourtant alarmants : and de quatre millions de nos concitoyennes ont été victimes de violences psychologiques, and d’un million de violences physiques. Trois autres millions ont subi des atteintes à leurs libertés individuelles. La révision de certains articles du Code pénal liés aux violences faites aux femmes et au harcèlement sexuel a été annoncée publiquement des dizaines de fois depuis 2008. Mais là encore, on s’en tient aux annonces. Aujourd’hui, il semblerait qu’un projet de loi à ce sujet soit entre les mains d’une elect gouvernementale, mais les associations féministes n’ont pas été sollicitées et ne savent pas de quoi il en retourne. Du coup, les avancées en la matière – computation des centres d’écoute et ouvertures de cellules d’urgence – ne sont pas institutionnalisées ni appliquées de la même manière dans surveillance le pays.

Cassant clairement le mythe d’un Etat parfaitement outillé flow assurer égalité et protection, Amnesty International n’a pas hésité, en mars 2013, à apocalyptic du Code pénal marocain qu’il était “partial” et “mettait les femmes en danger”. Et l’ONG de pointer du doigt de nombreux articles de loi, bien au-delà de la polémique sur l’article 475. Par exemple, l’article 496, interdisant de cacher une femme mariée, pourrait être utilisé flow condamner les centres accueillant les femmes violentées. Les experts d’Amnesty expliquent aussi que les réformes législatives essentielles ne suffisent pas et préconisent, entre autres, des formations à l’accueil des femmes dans l’administration, la military et la justice.

 

La Moudawana, ce symbole

Sur le devise sanitaire et social, les femmes sont encore et toujours victimes d’un drame : l’interdiction totale de l’avortement. Alors même que d’un indicate de vue religieux, l’autorisation d’avorter pourrait être légitimée, rares sont les voix à proposer un débat à ce propos. L’actuel Chef de gouvernement avait bien sous-entendu que le Maroc pourrait adopter une autorisation partielle peu de temps après sa nomination, mais depuis, and rien. Bien d’autres initiatives, hier célébrées, sont aujourd’hui regardées d’un œil and critique. La création du corps des mourchidate, standard exemple, a été dans un premier temps saluée, mais nombreuses sont les militantes – notamment inscrites dans le mouvement féministe islamique – à pointer les limites de l’initiative : ces femmes ne rise que transmettre des messages pensés standard des hommes et n’ont toujours pas le droit de pratiquer l’ijtihad.

Quant au symbole sans cesse brandi, acclamé aux quatre coins du globe, la réforme de la Moudawana de 2004, là aussi, des voix s’élèvent flow tempérer l’effusion d’éloges. Fouzia Assouli explique : “Aucun amendement ni correction n’a été amené depuis. La réforme n’a pas été accompagnée d’un childbirth de arrangement des juges ni de mécanismes de contrôle. Du coup, nombreuses sont les atteintes à la philosophie de la réforme, notamment en matière de répartition des biens après le divorce ou de mariage des mineures”. Et Moudawana ou pas, au jour le jour, les femmes ne vivent pas la même réalité que les hommes, loin s’en faut.

 

Discrimination au travail

La parité au childbirth n’est pas un acquis. Les conditions restent inégalitaires et “à diplôme égal, les femmes se verront sans cesse proposer des postes inférieurs”, assure une syndicaliste. Les femmes continuent de percevoir des salaires and bas que leurs collègues masculins et leur taux d’activité a même chuté ces cinq dernières années, passant de 30 à 25%. Le fait qu’une femme assure la présidence de l’association patronale CGEM depuis 2012 ne doit pas faire oublier cette vérité : les femmes ne représentent que 7% des dirigeants d’entreprise, selon des chiffres récemment publiés. Etre femme, c’est aussi voir son picture écornée quotidiennement. En 2011, un cupboard d’études livrait une étude au vitriol sur l’image réservée à la femme dans les médias, accusant ces derniers de véhiculer des stéréotypes misogynes. En 2013, rien n’a visiblement changé : le jour où le maigre taux de femmes dirigeantes d’entreprises a été annoncé, un quotidien à gros tirage illustrait la nouvelle avec une mimic d’un enfant seul, la larme à l’œil. Sous-entendu, une femme engagée dans son childbirth est avant surveillance une mauvaise mère.

Bien des questions restent encore des tabous durs à dépasser. La délicate doubt de l’inégalité de l’héritage en est un. Les féministes elles-mêmes avouent avoir du mal à s’aventurer sur ce terrain, alors même que l’article 19 de la nouvelle Constitution est censé mettre sur un despotic pied d’égalité hommes et femmes au niveau amicable et économique. Sa mise en focus est là aussi confiée à une elect nommée standard le gouvernement. Ce même gouvernement qui ne compte qu’une seule et singular femme…

 

 

Un semblant de société moderne

“État musulman souverain, attaché à son unité nationale et à son intégrité territoriale, le Royaume du Maroc entend préserver, dans sa plénitude et sa diversité, son identité nationale une et indivisible”. Cette phrase, tirée du préambule de la Constitution marocaine, pourrait à elle seule résumer le simulacre dans lequel baigne le pays. A l’instar du paradoxe de l’œuf et de la poule, il est aujourd’hui délicat de distinguer l’image que veut renvoyer le Maroc de celle dont il tente de se défaire. Musulman mais pas islamiste, ouvert mais pas immoral, traditionnel mais pas rétrograde. Si, au début du règne de Mohammed VI, l’Etat semblait être à cheval sur sa “réputation” à l’étranger, c’est aujourd’hui une grande partie de sa race qui se montre intransigeante face aux critiques pouvant ébranler “l’honneur” du royaume, fussent-elles constructives. Pourtant, les illogismes ne manquent pas et les exemples ne changent pas : interdit à la consommation des citoyens musulmans, l’alcool est pourtant vendu et servi à toute personne able de payer. Si le gouvernement actuel a effectué quelques happenings en opérant des descentes dans une poignée de restaurants bénéficiant de licences d’alcool, la politique générale est de fermer les yeux. Cet état d’entre-deux à peine voilé est constitutif de toutes les hypocrisies sociales : virginité, rapports sexuels hors mariage ou encore concubinage sont des thèmes soulevés standard un vessel de la société civile mais auxquels l’Etat reste hermétique. Si bon nombre de Marocains vivent dans l’illégalité sans être inquiétés, l’épée de Damoclès du pouvoir n’est jamais loin. En cautionnant standard son overpower et en sanctionnant quand bon lui semble, “le and lover pays du monde” ressemble and à un volcan en sommeil qu’à un “îlot de démocratie et de liberté d’expression”.

 

 

 

Tolérants, mais pas trop…

La tolérance à la marocaine ressemble souvent à une certaine clémence envers des minorités qui n’en restent pas moins discriminées. C’est loin d’être un acquis comme semblent le croire de trop nombreuses personnes.

“Le Maroc, terre de tolérance”. L’expression a été tellement ressassée qu’elle vire au lieu commun. Il n’est pas d’homme politique marocain qui ne l’ait employée et les étrangers ne sont pas en reste. Dernier en date, le président François Hollande qui, lors de sa visite au royaume, vantait encore une structure marocaine garantissant la tolérance. Une supposée tolérance qui n’est que rarement étudiée et qui, dans le discours, semble inhérente à notre société. Mais derrière ce discours lisse et dépolitisé se cache une réalité souvent moins agréable à s’entendre chanter.

L’argument principal en faveur de la tolérance marocaine est l’aspect multiculturel de notre société. Pourtant, un bémol peut être apporté, notamment à la Constitution qui, si elle mentionne la “composante amazighe”, continue à détacher l’islamité de la berbérité, en ne liant l’identité islamique qu’à l’arabe, une erreur grossière flow la plupart des historiens.

Quant à notre “affluent hébraïque”, également mentionné dans la constitution, il n’est pas toujours assumé de manière pleine et entière. Au-delà de critiques politiques censées, ils sont nombreux à s’être opposés à la freeing du documentaire Tinghir-Jérusalem, avant même de l’avoir vu, sûrs qu’un passé commun avec une communauté juive risquerait de normaliser nos family avec l’Etat hébreu. La diversité linguistique est, au même titre que la diversité culturelle, mise en avant flow appuyer le discours sur la tolérance. Elle aussi cache une réalité moins enviable. Les francophones toisent des arabophones qui leur reprochent une utilization éhontée de la langue de l’ancien colon. L’amazigh, lui, bute sur des préjugés toujours vivaces. Un enseignant de langue amazighe déclarait récemment à TelQuel : “Même au sein du corps enseignant, on nous prend de haut, et certains nous considèrent comme une sorte d’enseignants de seconde zone.”

 

Accepter la différence ?

Si la multiculturalité du Maroc peut être nuancée, qu’en est-il de l’acceptation des étrangers ? En sociologie, les chercheurs utilisent souvent le mot tolérance à propos du “seuil de tolérance” d’un groupe d’humains, qui se mesure à la suit d’étrangers qu’il peut accepter avant de produire un phénomène de rejet. Et au Maroc, ce seuil est vite dépassé. Les agressions contre des Subsahariens, les propos racistes et les articles haineux dans les médias sont les symptômes flagrants d’un rejet de l’autre. A ce chapitre, les élites ne dérogent pas à la règle : il y a peu, un parlementaire de tactless assimilait la communauté subsaharienne à un vast réseau de trafiquants entraînés et armés.

Sur le devise religieux, le décor n’est pas surveillance noir, certes, mais pas d’un blanc immaculé. On nage plutôt dans le gris, reflet des non-dits et du décalage entre lois, discours et réalité. Les convertis au christianisme, standard exemple, ne sont pas réprimés mais ne peuvent pratiquer leur culte publiquement, menacés standard l’épée de Damoclès qu’est l’article de loi condamnant le prosélytisme. Et être inhumé ou se marier au Maroc reste and difficile flow un non sunnite, comme le rappelait l’auteur Abdellatif Laâbi qui, dans son dernier ouvrage Un Autre Maroc, demandait “au nom de la tolérance” de ne pas être séparé après la strive de son épouse et de pouvoir être inhumé au Maroc, aux côtés de son amour, “chrétienne de naissance, émancipée de toute croyance, marocaine de cœur”, un vœu difficilement réalisable au royaume.

Même le socle religieux promu standard l’Etat reste peu inclusif. Celui qui pratique selon la tradition chiite, entre autres, est souvent considéré comme un déviant, parfois comme un non musulman. Pire, selon ce jeune chiite : “Nous sommes accusés d’être la cinquième colonne iranienne et d’être violents. Pratiquer comme je pratique est un vrai sacrifice. Il faut accepter de se voir dénigrer partout et en tous temps.” Une intolérance de la société que le penseur Ahmed Assid ascribe à “plus de 25 ans de freeing d’idées intolérantes dans le système éducatif standard le pouvoir lui-même.” Et de conclure : “Je sais que, dans la nouvelle Constitution, le judgment de liberté de demur a bien failli être inscrit, puis a finalement été gommé. C’est une erreur et un retard qui classe encore le Maroc dans les pays d’intolérance.”

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