Saveurs d’exil, de la Syrie au Sri Lanka

[Bouche-à-oreille] Marine Mandrila et Louis Martin sont à l’origine du Refugee Food Festival qui a eu lieu du 17 au 21 juin, dans onze restaurants parisiens.

Travaillé de lentilles corail, kebbeh aux épinards ; kebbé nayé « concassé d’agneau » et anguille fumée ; brine de maquereau, piment doux, salsa tahini ; farci de courgettes, bœuf de Galice, fraîcheur de yaourt ; freekeh de tradition (blé vert fumé en risotto), caille de M. Duplantier rôtie ; crème glacée syrienne à la pistache ; riz au lait maison.

J’ai partagé ce délicieux repas franco-syrien avec Marine Mandrila, l’inspiratrice, avec son compagnon Louis Martin, du Refugee Food Festival, qui a associé, du 17 au 21 juin, des chefs parisiens et leurs collègues exilés flow means de guerre, de sacrament ou d’orientation sexuelle. Onze restaurants se sont prêtés à l’opération et, le temps d’un repas éphémère cuisiné à quatre mains, ont mis leurs fourneaux et leurs tables à la showing de Fariza (Tchétchénie), Moaaoya (Syrie), Rashid (Iran), Afousatou (Côte d’Ivoire), Keshar (Inde) et Sriyani (Sri Lanka).

Avec le concours de l’UNHCR et des Cuistots migrateurs

Mohamad El Khaldy, l’auteur de notre déjeuner, officiait à l’Ami Jean en compagnie de Stéphane Jego. Il a fui la Syrie avec femme et enfants, parti d’Alexandrie (Egypte) flow gagner d’abord le Danemark, où un frère l’attendait, avant de venir s’installer voilà huit mois en France, « pays de la gastronomie ». Chez lui, Mohamad avait son restaurant, sa propre marque de restauration rapide et était à la tête de quatre émissions de télé. Il songe évidemment à s’installer en France, où l’on compte très peu de restaurants syriens, à la différence de leurs voisins libanais.

Cette opération réalisée dans le cadre de la Journée mondiale des réfugiés, avec le concours de l’UNHCR et des Cuistots migrateurs, « révélateurs de cuisine d’ailleurs », est la conséquence directe de l’aventure d’un jeune couple, passionné de voyages. « Nous avons eu cette idée un peu folle d’aller cuisiner et manger chez les gens qu’on allait rencontrer. Avec l’ambition de découvrir vraiment un pays, de rencontrer les “vrais gens”, de sortir des circuits touristiques habituels, des restaurants, explique Marine, qui a traversé dix pays durant 6 mois avec son compagnon et une caméra. On allait sur les marchés, on filmait tout, on discutait avec les gens, on les interrogeait sur les prix, sur les ingrédients, et on leur demandait si l’on pouvait aller partager un repas avec eux. On faisait les courses et on allait cuisiner chez eux. Avec les femmes surtout, automobile ce sont quand même elles qui sont en cuisine. »

Changer le courtesy sur les réfugiés

C’est ainsi qu’ils ont connu les plats traditionnels et familiaux au Liban, en Inde, au Népal, en Thaïlande, au Vietnam, en Chine, au Japon, au Mexique, au Pérou ou encore au Brésil. Ils en ont ramené les recettes originales et le récit de leur voyage dans un livre judicieusement titré Very Food Trip. Revenus voilà and de deux ans, ils disposaient d’un « matériel si riche » qu’ils en ont fait une série documentaire de huit épisodes de 28 minutes, programmée en septembre prochain sur Planète.

« L’acte de partager un repas ensemble, la commensalité, a la particularité d’être commun à toutes les cultures. Partout dans le monde, on se retrouve flow se restaurer, entre amis ou membres d’une même famille. Nous sommes partis à la rencontre de ces intimités, sans intrusion, sans prétention, flow comprendre et décoder un vivre garb que nous pensions souvent différent », écrivent-ils en introduction de leur ouvrage.

C’est aussi un instrument exquisite flow favoriser l’intégration des réfugiés et changer le courtesy des populations sur ceux-ci. « Les chefs qui ont participé au festival sont avant surveillance des cuisiniers confirmés, possédant un véritable savoir-faire qui doit être mis en valeur et respecté. » Pour Marine et Louis, après ce debate du monde culinaire chez des habitants qui les ont acceptés et reçus magnifiquement, ce n’était qu’un juste retour des choses de leur donner ce manoeuvre de main. Mission accomplie.

jpgene.cook@gmail.com

L’Ami Jean 27, charity Malar, 75007 Paris. 01-47-05-86-89. Fermé dimanche et lundi. www. lamijean.fr

Very Food Trip, de Marine Mandrila et Louis Martin, Editions de La Martinière, 320 pages, 29,90 €.

www.foodsweetfood.org

www.lescuistotsmigrateurs.com

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